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Tome premier.
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D E L’ E S P R 1 T. l6;

de la vérité que le P. Mallebranche, sussent convenus,comme cet habile théologien, dans fa prérr.otionphy-sique que la liberté étoit un mystère. Lorsqu on mepousse sur cette question _, difoit - il, je suis forcé dem arrêter tout court. Ce n’est pas qu’on ne puisse sesonner une idée nette du mot de liberté 3 pris dans unelignification commune. L’homme libre est l’hommequi n’est ni chargé de fers, ni détenu dans les prisons,ni intimidé, comme l’esclave, par la crainte des châ-timens ; en ce sens , la liberté de l’homme consistedans i’exercice libre de ía puissance : je dis de sa puis-sance, parcequ’il leroit ridicule de prendre pour unenon-likerté simpuilsance où nous sommes de percer lanue comme l’aigle , de vivre fous les eaux comme labaleine, & de nous faire roi, pape, ou empereur.

On a donc une idée nette de ce mot de liberté 3 prisdans une signification commune. II n’en est pas ainsilorsqu’on applique ce mot de liberté à la volonté. Queseroit-ce alors que la liberté î On ne pourvoi t entendre,par ce mot, que le pouvoir libre de vouloir ou de nepas vouloir une choie ; mais ce pouvoir supposeroitqu’il peut y avoir des volontés fans motifs, &c , parconséquent, des effets fans cause. II faudroit donc quenous pussions également nous vouloir du bien 8c dumal ; supposition absolument impossible. En eftet ,fi le defir du plaisir est le principe de toutes nos pen-sées 8c de routes nos actions, si tous les hommes tendentcontinuellement vers leur bonheur réel ou apparent,toutes nos volontés ne font donc que leste t de cette

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