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poiiibìe que le public pue avoir un dénombrementexact , & de la quantité , & de l’efpèce des idées d’unhomme , je dis qu’en conséquence de ce dénombre-ment , le public le roi t souvent forcé de placer au rangdes génies, des hommes auxquels il ne soupçonnepas même qu'on puisse accorder le titre d’hommesd'esprit : tels font, en général, tous les artistes.
Quelque frivole que paroisse un art, cet art cepen-dant est susceptible de combinaisons infinies. LorsqueMarcel, la main appuyée sur le front, l’œil fixe , lecorps immobile, & dans l’atntude dune méditationprofonde, s’écrie tour-à-coup, en voyant danser sonécolière : Que de choses dans un menuet ! II est cer-tain que ce danseur appercevoit alors, dans la ma-nière de plier, de relever & d’emboîter ses pas, desadresses invisibles aux yeux ordinaires (i), 5c que sonexclamation n’est ridicule que par la trop grande im-portance mise à de petites choses. Or , si fart de ladan le renferme un très-grand nombre d'idées Sc de-combinaisons, qui fait si fart de la déclamation nesuppose point , dans factrice qui y excelle, autant
(r) A la démarche, à l’habitude du corps, ce danseurprétend connoître le caractère d’un homme. Un étrangerse présente un jour dans fa salle : De quel pays étes-vous ,
lui demande Marcel ? Je fuis Angloìs . Vous Artglois !
lui répliqué Marcel : Vous serieq_ de celte île ou. les citoyensont part a l'administration publique , & font une portion de la.pitijfance souveraine ! Non , Monsieur , ce front baissé, ceregard timide , cette démarche incertaine ne m anno.icent quet esclave titré d'un électeur.