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Tome premier.
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l8î. DE L* ESPRIT.

ces hommes ne donnent le nom d’honnêtes qu’auxactions qui leur font personnellement utiles. Un jugeabsout un coupable, un ministre élève aux honneur*un sujet indigne jl’un & l’autre sont toujours justes,au dire de leurs protégés : mais que le juge puniste,que le ministre refuse, ils seront toujours injustes auxyeux du criminel & du disgracié.

Si les moines , chargés , fous la première race,d écrire la vie de nos rois , ne donnèrent que la viede leurs bienfaiteurs ; s ils ne désignèrent les autresrègnes que par ces mots : Nihil fecit ; & s’ils ontdonné le nom de Rois fainèans à des princes très-estimables, c est qu’un moine est un homme , & quetout homme ne prend, dans ses jugemens, coníeilque de son intérêt.

Les chrétiens , qui donnoient , avec justice, lenom de barbarie & de crime aux cruautés qu’exer-çoient fur eux les païens, ne donnèrent-ils pas lenom de zèle aux cruautés qu ils exercèrent , à leurtour , fur ces mêmes païens : Qu’on examine leshommes , on verra qu’il n est point de crime qui nesoit mis au rang des actions honnêtes par les sociétésauxquelles ce crime est utile, ni d’action utile au

deux sens, n’est cependant pas plus méchant que le foihle :Hobbes le sentoit ; mais il savoit aussi qison ne donne lenom de méchant qu’à ceux dont la méchanceté est à re-douter. On rit de la colère & des coups d’un enfant, iln’en paroît souvent que plus joli ; mais on s’irrite contreThomme fort $ ses coups blesient ; on le traite de brutal.