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Tome premier.
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pue nie la million de Mahomet , les visions & lesprétendus miracles de ce prophète ; qui doute queceux qu on appelle les bons Mululmans, n’aient del’éloignement pour ce philosophe , ne le regardentavec horreur , & ne le traitent de fou , d’impie &cquelquefois même de malhonnête homme ; En vaindiroic il que, dans une pareille religion , il est absurdede croire aux miracles dont on n’est pas íoi-mêmele témoin ; & que s’il y a toujours plus à parier pourun mensonge que pour un miracle (1), les croiretrop facilement, c’est moins croire en Dieu qu’auximposteurs : en vain repréfenteroit-il que, si Dieueût voulu annoncer la million de Mahomet, il n eûtpoint fait de ces prodiges ridicules aux yeux de larai Ion la moins exercée. II eût fait des miracles visi-bles à tous les yeux , comme de détacher , à lavoix du prophète, les astres du siimament, de boule-verser les élemens, &c. Quelque raison que ce phi-losophe apportât de son incrédulité , il n’obtiendroitjamais la réputation de sage & d’honnête , auprèsde ces bons Mululmans , qu en devenant allez im-bécille peur croire des choses absurdes , ou allezfaux pour feindre de les croire. Tant il est vrai que

(î) Comment, dans une telle religion, le témoin d’unmiracle ne seroit-il pas suspect ? 11 saut, dit M. de Fonte-nelle , être fi fort en garde contre soi-même pour raconter unfait précisment comme on l'a vu, c’efi-a-dire , fans y rienajouter ou diminuer, que tout homme qui prétend qu a cet égardil ne s'efl jamais surpris en mensonge , cfi , a coup sur } unmenteur.