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qu’une estime fur parole. Pour expliquer ce que j’en*tends par eflime Jur parole je distinguerai deux fortesd’tllime.
L’une , qu’on peut regarder comme l’eíFet ou durespect: qu’on a pour 1 opinion publique ( 1 ) , ou dela confiance qu’on a dans le jugement de certainesperionnes, & que je nomme estime sur parole. Telleest celle que certaines gens conçoivent pour des ro-mans très - médiocres , uniquement parce qu’ils lescroient de quelques-uns de nos écrivains célèbres.Telle est encore l’admiration qu’on a pour les Def-cartes de les Newton ; admiration qui, dans la plu-part des hommes, est damant plus enthousiaste qu’elleest moins éclairée; soit qu’après s’êrre formé une idéevague du mérite de ces grands génies, leurs admi-rateurs tefpectent, en cette idée, i ouvrage de leurimagination; loir qu’en s’étabìiilant juges du mérited’un homme tel que Newton, ils croient s’asibcieraux éloges qu’ils lui prodiguent. Cette lorte destitue
(1) M. da La Fontaine n’avoìt que de cette espèce d’es-time pour la philosophie de Platon. M. de Fontenelle rap--porte à ce sujet qu’un jour La Fontaine lui dit : Avoues
que ce Platon êtoit un grand philosophe . Mais lui trou~
ve^-vous des idées bien nettes , lui répondit Fontenelle ?
Oh ! non , il est d’une obscurité impénétrable . Ne trouve^-
vous pas qu il fe contredit ? Oh ! vraiment , reprit La Fon-taine , ee n est qu!u.n sophiste. Puis tout-à-coup oubliant lesaveux qu’il venoit de faire : Platon, reprit-il, place fi biatses personnages ! Socrate étoit far le Pyrée , lorsqu Alcibiade ,la tête couronnée de sieurs.... Ok ! ce Platon étoit un grandphilosophe.