Band 
Tome premier.
Seite
197
JPEG-Download
 

DÉ L > Z S P R I T. 197

*3ont notre ignorance nons force à faire souvent usage,est , par-là même, la plus commune. Rien de s rareque de juger d’après loi.

L’autre elpèce d'estime est celle qui, indépendantede l’opinicn d’autrui, naît uniquement de ì’impres-íion que font íur nous certaines idées, & que, parcette raison , j’appdie esirnesentie la íeule véritable,*c celle dont il s’agit ici. Or, pour prouver que laparelle ne nous permet d accorder cette forte d es-time qu’aux idces analogues aux nôtres , il tufíit deremarquer que c’est , comme le prouve íenífblementla géométrie, par l’analogie Sc les rapports secretsque les idées, déjà connues, ont avec les idets in-connues , qu'on parvient à la connoisiance de cesdernières, & que c’est en suivant la progreílîon deces analogies, qu’on peut s elever au dernier termed’une science. D’où il fuit que des idées, qui n’au-roienqnuile analogie avec les nôtres, íeroient pournous des idées inintelligibles. Mais, dira- 1 - on, i! n'estpoint d’idées qui n aient nécelîairement entre ellesquelque rapport, íans lequel elles íeroient univeríel-lement inconnues. Oui ; mais ce rapport peut êtreimmédiat ou éloigné : loríqu’il est immédiat, le fai-ble désir que chacun a de s'instruire , le rend capa-ble de l’attention que suppose l'intelligence de pa-reilles idées ; mais, s’il est éloigné , comme il l estpresque toujours, lorsqu’il s’agit de ces opinions quilont le résultat d’un grand nombre d'idees Sc desentimens différens, il est évident qu’à moins qu onne fort animé d’un désir vif de s'instruire, Sc qu’on

N z