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^jar ce même principe des analogies qu on expliquecomment les í'avans & même les gens d’efprit ontdonné à des auteurs moins estimes la préférence surceux qui le font davantage. Pourquoi Malherbe pré-férois-il L race à tout autre poète; Pourquoi Hein-íìus ( 1 ) & Corneille faisoient ils plus de cas de Lu-cain que de Virgile? Par quelle raison Adrien pré-feroit-il l’éloquence de Caron à celle de Cicéron ìPourquoi Scaliger (z) regardoit il Homère Sc Horacecomme fort inférieurs à Virgile Sc à Juvénal ? C’estque hestime plus ou moins grande qu on a pour unauteur , dépend de l’analogie plus ou moins grandeque fes idées ont avec celle de Ion lecteur.
Que, dans un ouvrage manuscrit, Sc sur lequelon n’a aucune prévention, l’on charge séparémentdix hommes d’eíprit de marquer les morceaux quiles auront le plus frappés : je dis que chacun deuxsoulignera des endroits différais; Sc que íì hon con-fronte ensuite les endroits*approuvés avec hefprit Scîe caractère de chaque approbateur, 011 sentira quechacun d’eux n’a loué que les idées analogues à íamanière de voir & de sentir, Sc que hefprit est , si
(t) -- Lucain, disoit Heiníîus, est, à hegard des autres« poètes, ce qu’un cheval superbe & hennissant tìere-« ment est à l’égard d’une troupe d’ár.es, dont la voixm ignoble décèle le goût qu’ils ont pour la servitude
(z) Scaliger cite comme détestable la dix-septiòmc odedu quatrième livre d’Horace, que ííciníius cite commeun chef-d'œuvre de h antiquité.