T> E Z.' E S P R 1 T'. 40 ï*Ims sentie pour un genre d’elprit trop différent duleur i tout auteur , qui donne au public des idéesnouvelles j ne peut donc .espérer d'estime que dedeux fortes d'hommes : ou des jeunes gens, qui ,n'avant point adopté d opinions, ont encore le deíir& le loisir de s'instruire ; ou de ceux dont l’elprit,ami de la vérité Sc analogue à celui de fauteur,soupçonne dejà l'existence des idées qu il lui pré-sente. Ce nombre d’hommes est toujours très petit ;voilà ce qui retarde les progrès de l’eíprit humain ,de pourquoi chaque vérité est toujours si lente à íedévoiler aux yeux de tous.
II réíulte de ce que je viens de dire , que la plu-part des hommes , soumis à la patelle, ne conçoi-vent que les idées analogues aux leurs, qu'ils n’cntd - estime sentie que pour cette espèce d’idees ; & de-là cette haute opinion que chacun est, pour ainsidire, forcé d’avoir de foi-même ; opinion que les mo-ralistes n’euísent peut-être point attribuée à l’orgueil,s ils eu lien t eu une CGnnoiílance plus approfondiedes principes ci-destus établis. Ils auroient alors sentique, dans la solitude, le saint respect: & l’admira-tion profonde dont on íe sent quelquefois pénétrépour foi-même, ne peut être que l’effet de la néces-sité où nous sommes dé nous estimer préférablementaux autres.
Comment n’auroit-on pas de foi la plus hauteidée ) il n est personne qui ne changeât d’cpinions,sil croyoit ses opinions fausses. Chacun croit doncpenser juste, Sc , par conséquent, beaucoup mieux