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Tome premier.
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2 CI DE L ESPRIT.

cuc ceux dont ies idées íbnt contraires.aux siennes»Or 3 s i) n’efí pns deux hommes dont les idées soientexactement semblables, il faut nécelsairement quechacun en particulier croie mieux peníer que toutautre ( i ). La diicheíle de la Ferté diíoit un jour àMadame de Staal : II saut Vavouer , ma chère amie 3je ne trouve que moi qui aie toujours raison (2).Ecoutons le Talapoin , le Bonze, le L r aminé , leGuèbre , le Grec , l’Iman , ^hérétique : lorsque dansl’aílc-mblee du peuple ils prêchent les uns contre lesautres, chacun d’eux ne dit-il pas comme la duchessede la séné : Peuples , je \c:;s P assure , moi Jeul j’aitoujours raison ? Chacun íe croit donc un eíptit su-périeur, & les fors ne font pas ceux qui s’cn croientle moins ( 3 ) : c’est ce qui a donné heu au conte

(1) Inexpérience nous apprend que chacun met eu rangdes esprits faux <k des mauvais livres, tout homme 8c toutouvrage qui combat ses opinions ; qihil voudrait imposersilence ù f’nomme, Sc supprimer fourrage. C’c-ít un avan-tage que d c s orthodoxes peu éclairés ont quelquefoisdonné fur eux aux hérétiques. Si dans un procès, disentces derniers, une partie défendoit à s autre de faire im-primer des factums pour soutenir son droit, ne regarde-roit-on pas cette violence de l’nne des parties comme unepreuve de l'injuílice de fa causé ?

(2) Voyez les Mémoires de madame de Staal.

(3) Quelle présomption, disent ies gens médiocres,que celle de ceux qu’on appelle les gens d'esprit ! Quellesupériorité ne se croient-ils pas fur les autres hommes ?Mais, leur ripondroit-on, le cerf qui se vanterait d’êtrele plus vîte des cerfs, ferait sens doute un orgueilleux;

I