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Tome premier.
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208
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200 D £ L’ ESPRIT,

le bien pour le bien , que d’aimer le mal pour lemal (i).

Brurus ne sacrifia son fils au salut de Rome, queparce que l’amour paternel avoir sur lui moins depuissance que l’amour de la patrie ; il ne fir alors quecéder à la plus forte paillon : c est elle qui, l’éclairantfur l’imérèr public, lui fit appercevoir, dans un parri-cide si généreux, si propre à ranimer l’amour de laliberté, I onique restource qui pût sauver Rome , &£l’empècher de retomber sous la tyrannie des Tarquins.Dans les circonstances critiques où Rome le mouvoiralors, il falloir qu’une pareille action servît de fonde-ment à la vaste puissance à laquelle !'éleva depuis l’a-mour du bien public 8c de la liberté.

Mais comme il est peu de Brutus & de sociétéscomposées de pareils hommes, c’est dans l’ordrecom-mun que je prendrai mes exemples , pour prouverque, dans chacune des lociétés, l’intérct particulierest ì’unique distributeur dei’estime accordée aux actionsdes hommes.

(i) Les déclamations continuelles des moralistes contrela méchanceté des hommes , prouvent le peu de connois-sa-nce qu’ils en ont. Les hommes ne sont point méchans,mais soumis à leurs intérêts. Les cris des moralistes nechangeront certainement pas ce ressort de l'univers moral.Ce n'est donc point de la méchanceté des hommes dontil faut fe plaindre, mais de l’ignorance des législateurs ,qui ont touiours mis l’intérát particulier en oppositionavec l’intérêt général. Si les Scythes étoient plus vertueuxque nous, c'est que leur législation Sc leur genre de vieleur inspiroient plus de probité.

peu: