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D £ L* E S P R I T.
CHAPITRE VI.
Des moyens de s’assurer de la Vertu.
Un homme est juste , lorsque toutes ses actionstendent au bien public. Ce n'est point assez de fairedu bien pour mériter le titre de vertueux. Un princea mille places à donner ; il faut les remplir ; il ne peuts’empêcher de faire mille heureux. C'est donc unique-ment de la justice (i) ou de l’injustice de ses choixque dépend fa vertu. Si, lorsqu'il s’agit d’une placeimportante, il donne, par amitié, par foiblefle , parsollicitation ou par pareííè, à un homme médiocre,la préférence sur un homme supérieur ; il doit se re-garder comme injuste, quelques éloges d’aiileurs quedonne à fa probité la société dans laquelle il vit.
En fait de probité, c’est uniquement l’intérêt pu-blic qu’il faut consulter, Sc croire, 8c non les hommesqui nous environnent. L’intérêt personnel leur saittrop souvent illusion.
Dans les cours, par exemple, cet intérêt ne donne-t-il pas le nom de prudence à la fausseté, & de sottise
(i) On couvroit, dans certains pays, d’une peau d’àneles hommes en place, pour leur apprendre qu’ils ne doiventrien à ce qu’on appelle décence ou faveur, mais tout àîa justice.