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Tome premier.
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D S L' E S P r I T. tl$

sonde des véritables intérêts de ce public, par consé-quent de la morale & de la politique. La parfaite pro-bité n’est jamais le partage de la stupidité ; une probitéfans lumières n’est, tout au plus, qu’une probité d’in-tention, pour laquelle le public n’a & ne doit effecti-vement avoir aucun égard ; i.° parce qu’il n’est pointjuge des intentions ; i°. parce qu’il ne prend , dansses jugemcns, conseil que de son intérêt.

S’il soustrait à la mort celui qui, par malheur, tueson ami à la chaste, ce n’est pas feulement à l’inno-eence de ses intentions qu’il fait grâce, puisque la loicondamne au supplice la sentinelle qui s’est involon-tairement laissé surprendre au sommeil. Le public nepardonne, dans le premier cas , que pour ne pointajouter à la perte d’un citoyen celle d’un autre citoyen >il ne punit , dans le second , que pour prévenir lessurprises & les malheurs auxquels l’exposeroit unepareille invigilance.

II faut donc , pour être honnête, joindre à la no-blesse de lame les lumières de l’esprit. Quiconque rat-

la vérité n est utile iz personne. Or , la vérité este-même estsoumise au principe de futilité publique. Elle doit pré-sider à la composition de l’histoire, à l'étude des sciences& des arts ; elle doit se présenter aux grands, & mêmearracher le voile qui couvre en eux des défauts nuisiblesau public ; mais elle ne doit jamais révéler ceux qui nenuisent qu’à l’homme même. C’est l’affliger fans utilité ;fous prétexte d’être vrai, c’est être méchant &: brutal;c’est moins aimer la vérité, que se glorifier dans l’humi-liation d’autrui.

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