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Tome premier.
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aï 6 DE l’ E S P R I T.

fen.ble en soi ces dissérens dons de la nature, se conduí*toujours íur la bouísole de l’utiliré publique. Cette uti-lité est le principe de toutes les vertus humaines ,Sc lefondement de toutes les législations. Elle doit inspirerle législateur , forcer les peuples a se soumettre à seslois, c est enfin a ce principe qu’tl faut sacrifier tousnos íentiurens , juíqu’au sentiment mèmede l'huma-nité.

Inhumanité publique est quelquefois impitoyableenvers les particuliers (t). Lorlqu’un vaisseau est sur-pris par de longs calmes, Sc que la lammea, d une voiximpérieuse , commandé de tirer au tort la victime in-fortunée qui doit servir de parure à ses compagnons,o>s regorge lans remords: ce vaisseau est l’emblètnede chaque nation ; tout devient légitime & mêmevertueux pour !e salut public.

La conclusion de ce que je viens de dire, c’tst qu’enfait de probité , ce n’est point des sociétés où l'on vitdont il faut prendre conieil, mais uniquement del’in-

(i) C’est ce principe qui, chez les Arabes , a consacréV exemple de sévérité que donna le fameux Ziad , gouver-neur de Basra. à près avoir inutilement tenté de purgercette ville des assassins qui l’infestoient, il se vit contraintde décerner la peine de mort contre tout homme qu'onrencontreroit la nuit dans les rues. L’on y arrêta un étran-ger ; il est conduit devant le tribunal du gouverneur ; ilessaie de le fléchir par ses larmes : Malheureux étranger ,lui dit Ziad , je dois te paraître injuste , en punissant une con-travention k des ordres que tu as pu ignorer ; mais le salut deBasra dépend de ta mon : je pleure & te condamne .