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Tome premier.
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cette probité ne lui est de presqu’aucune utilité (i%Aussi juge-t-il les vivans comme la postérité juge lesmorts : elle ne s'informe point íì Juvénal étoit méchant,Ovide débauché , Annibal cruel , Lucrèce impie ,Horace libertin, Auguste dissimulé, & César la femmede tous les maris: c’est uniquement leurs talens quellejuge.

Sur quoi je remarquerai que la plupart de ceux quis’emportent avec fureur contre les vices domestiquesd’un homme illustre , prouvent moins leur amourpour le bien public , que leur envie contre les talens ;envie qui prend souvent, à leurs yeux, le masque d’mievertu ; mais qui n'est, le plus souvent, qu’une enviedéguisée ; puisqu’en général, ils n’ont pas la mêmehorreur pour les vices d’un homme fans mérite. Sansvouloir faire l’apologie du vice, que d’honnètes gensauroient à rougir des semimens dont ils se targuent,íì on leur en découvroit le principe & la bassesse !

Peut-être le public marque-t-il trop d'indistérencepour la vertu ; peut-être nos auteurs font-ils quelque-fois plus soigneux de la correction de leurs ouvragesque de celle de leurs mœurs, & prennent-iis exemple

qui lui est utile. La première sert à l’exemple, Sc quandelle n'est point nuisible à la société, elle est le germe dela probité utile au public , & concourt du moins à l'har-monie générale.

(i) II est permis de faire l'éloge de son cœur, Sc noncelui de son esprit : c’est que" le premier ne tire pas à con-séquence. L’envie prévoir qu’un pareil éloge en obtiendrapeu du public.