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Tome premier.
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2.10 De l’ e s p r i t.

îe rang que tiennent dans le monde ceux qui ccmpofenï

cette société.

Qu’on produise un fakir dans un cercle de syba-rites ; ce fakir n’y fera-1-il pas regardé avec cette pitiéméprisante que des âmes sensuelles & douces ont pourun homme qui perd des plaisirs réels , pour couriraprès des biens imaginaires ? Que je salle pénétrer unconquérant dans la retraite des philosophes > qui doutequ’il ne traite de frivolités leurs spéculations les plusprofondes, qu’il ne les considère avec le mépris dédai-gneux qu’une ame, qui se dit grande, a pour des âmesqu’elle croit petites, L: que la puissance a pour la fai-blesse : Mais qu’à Ion tour, je transporte ce conquéraniau portique : Orgueilleux, lui dira le stoïcien outragé,toi qui méprises des âmes plus hautes que la tienne,apprends que l’objet de tes desrs est ici celui de nosmépris ; que rien .ne paroi t grand fur ia terre à qui lacontemple d’cm point de vue élevé. Dans une forêtantique, c est du pied des cèdres, où s’alíìed le voya-geur , que leur faîte semble toucher aux cieux ; duhaut des nues , où plane l’aigle , les hautes futaiesrampent comme la bruyère, & n offrent aux yeux duroi des airs qu’un tapis de verdure déployé fur desplaines. C’est ainsi que l’orgueil blessé du stoïcien sevengera du dédain de l’ambítieux , & qu’en général setraiteront tous ceux qui seront animés de pallionsdifférentes.

Qu’une femme jeune , belle, galante , telle ensinque l’histoite nous peint cette célèbre Cléopâtre, qui ,par la multiplicité de fes beautés, les charmes de son