Band 
Tome premier.
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donner plus d’exerciceà Ion eí prit : mais c’est unique-ment la connoiíTance des intérêts des peuples qui doitoccuper la tête d’un homme fait Sc sensé ; tout autreobjet est petit, Sc tout ce qui est petit est méprisable :d’où il conclueroit que lui seul estdigne de l’admirationuniverselle.

Or , pour terminer cet article par un dernierexemple , supposons qu’un physicien prêtât l’oreille àcette conclusion : Tu te trompes, répliquerait-il à cepolitique. Si l’on ne meíure la grandeur de l’eiprit quepar la grandeur des objets qu’il considère, c’estmoi seulqu’on doit réellement estimer. Une seule de mes décou-vertes change les intérêts des peuples. J’aimante uneaiguille, je'Tenserme dans une boussole ; l’Àmériquese découvre, l’on fouille ses mines, mille vaisseauxchargés d’or fendent les mers, abordent en Europe, Scla face du monde politique est changée. Toujoursoccupé de grands objets , si je me recueille dans lesilence Sc la solitude, ce n’est point pour y étudier lespetites révolutions des gouvernemens, mais celles del’univers ; ce n’est point pour y pénétrer les frivolessecrets des cours , mais ceux de la nature : je dé-couvre comment les mers ont formé les montagnes,Sc fe font répandues fur la terre ; je mesure, Sc laforce qui meut les astres, & l’étendue des cercles lumi-neux qu’iis décrivent dans l’azur du ciel : je calculeleur malle, je la compare à celle de la terre , Sc jerougis de la petitesse du globe. Or, sij’ai tant de hontede la ruche, juge du mépris que j’ai pour l insecte qui

l’habice :