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Tome premier.
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ilS DE L’ E S P R I T.

entre le bourgeois & U grand Jeigneur , & une disinc*don naturelle entre l’homme d’esprit & le grandseigneurJìupide.

C’est donc toujours bintérêt personnel, modifiéselon la différence de nos betoins , de nos pallions ,4e notre genre d’eíprit & de nos conditions, qui, secombinant, dans les diverses sociétés , d’un nombreinfini de manières , produit bétonnante diversité desopinions.

C’est conséquemment à cette variété d'intérêt quechaque société a Ion ton , sa manière particulière dejuger, & ion grand esprit, dont elle feroit volontiersun Dieu, si la crainte des jugemens du public nes’oppoíoil à cette apothéose.

Voilà pourquoi chacun trouve à s'asiortir. Auilin’est-il peint de stupide , s’il apporte une certaineattention au choix de ía société , qui n’y puisse palierune vie douce au milieu d’un concert de louangesdonnées par des admirateurs sincères ; austî n’est-ilpoint d’homme d’eíprit, s’il íe répand dans diffé-rentes sociétés , qui ne s’y voie successivement traitéde fou, de sage, d’agréable, d’ennuyeux, de stupide

de spirituel.

La conclusion générale de ce que je viens de dire,c’est que l’intérêt personnel est, dans chaque société,l’unique appréciateur du mérite des choies & despersonnes. II ne me reste plus qu’à montrer pourquoiles hommes les plus généralement fêtés & recherchésdes sociétés particulières, telles que celles du grandmonde , ne font pas toujours les plus estimés dupublic.