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Tome premier.
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DE L' E S P R 1 T. 2JÍ

paroîtra même quelquefois & lourd & déplacé : maisqu’ii s’cffre aux yeux du public , soit dans un ouvrage,soit dans une grande place ; étincelant alors de génie ,il méritera le titre d’homme íupérieur. C'estuir coloíTemonstrueux , Sc même délagréable dans l'aïrelier dusculpteur, qui, élevé dans la place publique, devientl’admiration des citoyens.

Mais pourquoi ne réuniroit-on pas en foi les idéesde Tune Sc l’autre espèce , & n’obtiendroit - on pas »à- la- fois, l’estime de la nation & celle des gens dumonde ? C’est, répondrai-je , parce que le genre d’é-tucle annuel il faut fe livrer pour acquérir ces idéesintéressantes pour le public , ou pour les sociétés par-ticulières , est abíolument distérent.

Four plaire dans le monde, il ne faut approfondiraucune matière, mais voltiger incessamment de sujetsen íujets ; il faut avoir des connoissances très-variées,Sc dès-lcrs très-superficielles ; savoir de tout, sansperdre son temps à savoir parfaitement une choie ;& donner, par conséquent, à son esprit plus de íur-face que de profondeur.

Or, le public n’a nul intérêt d’estimer des hommessuperficiellement universels: peut-être même ne leurrend-il point une exacte justice , & ne se donne-t-iljamais la peine de prendre le toisé d’un esprit partagéen trop de genres différons.

Uniquement intéressé à estimer ceux qui se rendentsupérieurs en un genre, & qui avancent, à cet égard,ì’efprit humain , le public doit faire peu de cas del’eíprit du monde,

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