Band 
Tome premier.
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2ZL D E L' E S P R T T.*

II faut donc, pour obtenir l’escime générale, donnéeà son esprit plus de profondeur que de surface, & con-centrer, pour ainsi dire, dans un seul point, commedans le foyer d’un verre ardent, toute la chaleur & lesrayons de son esprit. Eh ! comment se partager entreces deux genres d’étude , puisque la vie qu’il sautmener pour suivre l’un ou l’autre, est entièrementadhérente ì L’on n’a donc l’unede ces espèces d’espritqn’exclusìvement à l’autre.

Si, pour acquérir des idées intéreliantes pour lepublic , il faut, comme je le prouverai dans les cha-pitres luivans, se recueillir dans le silence & la soli-tude ;il faut,au contraire, pour présenter aux sociétésparticulières les idées les plus agréables pour elles, sejeter absolument dans le tourbillon du monde. Or,l’on ne peut y vivre fans se remplir la tête d’idéesfausses & puériles : je dis fausses, parce que touthomme qui ne connoît qu’une feule façon de penser,regarde nécessairement la société comme l’univers parexcellence ; il doit imiter les nations dans le méprisréciproque quelles ont pour leurs mœurs, leur reli-gion , & même leurs habiilemens différens ; trouverridicule tout ce qui contredit les idées de la société,St tomber, en conséquence, dans les erreurs les plusgrossières. Quiconque s’occupe fortement des petitsintérêts des sociétés particulières, doit nécessairementattacher trop d’estime & d’importance à des fadaises.

Or , qui peut se flattter d’échapper , à cet égard ,aux pièges de l’amour- propre , lorsqu’on voir qu’iln’est point de procureur dans son étude , de conseil-