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Tome premier.
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DE L' Z S P R î T. 1 3 C>

si’en ayant presque point d’autre à satisfaire que celuidu plaisir, il est encore certain que leur conversa-tion doit, à cet égard , profiter des avantages deleur état : c’est ce qui rend, en général, les femmesde la cour si supérieures aux autres femmes en grâces,en esprit, en agrémens, Sc pourquoi la dalle desfemmes d’esprit n’est presque composée que de femmesdu monde.

Mais si le ton de la cour est supérieur à celui dela bourgeoisie , les Grands, n ayant cependant pastoujours à citer de ces anecdotes curieuses fur la vieprivée des rois , leur conversation doit le plus com-munément rouler fur les prérogatives de leurs char-gés , fur celles de leur naissance, sur leurs aventuresgalantes , & fur les ridicules donnés ou rendus à unlouper : or, de pareilles conversations doivent êtreinsipides à la plupart des sociétés.

Les gens du monde font donc, vis-à-vis déliés,précisément dans le cas des gens fortement occupésd’un métier ; ils en font l’unique & perpétuel sujetde leur conversation : en conséquence, on les taxede mauvais ton , parce que c’est toujours par un motde mépris qu’un ennuyé (e venge d’un ennuyeux.

On me répondra, peur-être, qu’aucune sociétén’accufe les gens du monde de mauvais ton. Si laplupart des sociétés se taisent à cet égard , c’est quela naissance & les dignités leur en imposent, les em-pêchent de manifester leurs senti mens, & souventmême de se les avouer à elles - mêmes. Pour s’enconvaincre , qu’on interroge fur ce sujet un homme