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Tome premier.
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rieux, & qui tiennent aux arts & à la philosophie,l’expérieme nous apprend que, íur de tels sujets, lesgens du monde ne peuvent qu’avec peine bégayerlents pensées ( r ) ; d’où il résulte qu a legard mêmede l’expreffion , ils n ont nulle supériorité sur lesgens d esprit, & qu’ils n en ont, à cet égard, sui-îe commun des hommes, que dans des matièresfrivoles fur lelquelles ils íont très-exercés, & dontils ont fait une étude , tk , pour ainíì dire un artparticulier ; supériorité , qui n’est pas encore bienconstatée, & que presque tous les hommes s’exa-gèrent, par le respect: mécanique qu’ils ont pour lanaissance & pour les dignités.

Au reste , quelque ridicule que donne aux gens<lu monde leur prétention exclusive au ion ton ,ce ridicule est moins un ridicule de leur état qu’unde ceux de l'humanité. Comment l’orgueil ne per-suadèrent il pas aux Grands queux & les gens deleur espèce sont doués de l’esprit le plus propre àplaire dans la conversation , puisque ce même or-gueil a bien persuadé à tous les hommes , en gé-néral , que la nature n’avoit allumé le ioleil quepour féconder dans I’espace ce petit point nomméla Terre, & qu’elle n’avoit semé le firmament d’é-toiles que pour l’éclairer pendant les nuits ?

On est vain , méprisant, & , par conséquent, in-juste, toutes les fois qu’on peut l’être impunément.

(i) Je ne parle, dans ce chapitre, que de ceux desgens du monde dont l’esprit n’est point exercé.