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Tome premier.
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L44 D E t y e s p r i r.'

Qui peut s’arracher à une erreur, quand la vanité,complice de l'ignorance, l’y a attaché, & la lui a renduchère ?

C est par un effet de la mê-me vanité, que les gensdu monde se croient les seuls possesseurs du bel usage jqui, selon eux, est le premier des mérites , & lansîequel il n’en est aucun. 11s ne s’apperçoivcm pas quecet usage , qu'ils regardent comme l’uíage du mondepar excellence , n est que s u sage particulier de leurmonde. En ester, au Monomotapa, où , quand le roiéternue, tous les courtisan; font, par politesse, obli-gés d’éternuer, & où, l'eternument gagnant de lacour à la ville , & de la ville aux provinces , toucPempire pavoît affligé d’un rhume général, qui doutequ’il n’y ait des courtisans qui ne íe.piquent d’éternuerplus noblement que Ses autres hommes, qui ne seregardent, à cet égard , comme les poíleíîeurs uniquesdu bel usage, & qui ne traitent de mauvaise com-pagnie , ou de nations barbares, rous les particuliers& tous les peuples dont l’érernument leur parolemoins harmonieux î

Les Mariannois ne prétendront-ils pas que la ci-vilité consiste à prendre le pied de celui auquel onveut faire honneur, à s’eii frotter doucement le vi-sage , & ne jamais cracher devant ion supérieur?

Les Chiriguanes ne soutiendront-ils pas qu’il fautdes culottes ; mais que le bel usage est de les porterfous le bras, comme nous portons nos chapeaux?

Les habitans des Philippines ne diront-ils pas qu»ce n’est point au mari à faire éprouver à fa femme