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ami pour lui demander s'ii n’a pas dit une grande sot-tise , que , toujours en garde contre la vanité, il excusevolontiers dans les autres des erreurs dans leíqwellesil est quelquefois tombé lui-même. II sent que c est àla multitude des lots qu’on doit la création du mothomme d’ejpùt ; ct qu’en reconnoilfance, il doit doncécouter, lans aigreur, les injures que lui prodiguentdes gens médiocres. Que ces derniers le vantent, entreeux , & en 1 octet, des ridicules qu’rls donnent au mé-rite , du mépris qu’ils ont, dilent ils , pour 1 esprit,ils font semblables à ces fanfarons d’impiété, qui neblasphèment qu’en tremblant.
La dernière cause de l'indulgence de l’homme demérite tient à la vue nette qu’il a de la néceílité desjugemens humains. II fait que nos idées font, si j’olele dire, des conséquences si nécelianes des íociétésoù l’on vit, des lectures qu’on fait & des objets quis’osirent à nos yeux , qu’une intelligence íupérieurepourroit également, ct par les objets qui le lont pré-sentés à nous, deviner nos pensées ; ct, par nos pen-sées , deviner le nombre ct ì’elpèce des objets que lehasard nous a ofterts.
L’homme d’efprit fait que les hommes font cequ’ils doivent être; que toute haine contre eux estinjuste ; qu’un sot porte des sottises, comme le sau-vageon des fruits amers; que l’inlulter, c’est repro-cher au chêne de porter le gland plutôt que solive ;que , si l’homme médiocre est stupide à les yeux, ilest fou à ceux de l’homme médiocre : car, si toutfeu n’est pas homme d’efprit, du moins tout homme