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Tome premier.
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D £ L’ E S P R I T. 255

cTesprit paraîtra toujours fou aux gens bornés. L’in-tlulgence fera clone toujours feffet de la lumière,lorsque les pallions n’en intercepteront pas faction.Mais cette indulgence, principalement fondée fur lahauteur d’ame qu’infpire f amour de la gloire, rendfhomme éclairé très-indifférent à f estime des sociétésparticulières. Or, cette indifférence, jointe aux genresdifférons de vie Sc d’étude nécessaires pour plaire, loirau public, soit à ce qu’on appelle la bonne com-pagnie, fera presque toujours de fhomme de mérite,un homme allez désagréable aux gens du monde.

La conclusion générale de ce que j ai dit de f espritpar rapport aux sociétés particulières, c'efì qu'unique-merit soumise à son intérêt, chaque société mesuresur f échelle de ce même intérêt le dégré d’eftimequelle accorde aux dissérens genres d’idées & d esprits.Il en est des petites sociétés comme d'un particulier.A-t-il un procès : si ce procès est considérable, il re-cevra son avocat avec plus d’emprestement, plus detémoignage de respect & d’estinre, qu’ii ne recevraitDescartes,Locke ou Corneille. Le procès est-il accom-modé : c’est à ces derniers qu il marquera le plus dedéférence. La différence de la position décidera de ladifférence de les réceptions.

Je voudrais, en finissant ce chapitre, pouvoir ras-surer le rrès-petit nombre de gens modestes, qui, dis-traits par des affaires ou par le foin de leur fortune,n’cnt pu faire preuve de grands talens, & ne peuvent,conséquemment aux principes ci-dessus établis, savoirsi quant à f esprit, ils font réellement dignes d estime.