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Tome premier.
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V t L’ E S P R 1 T'. 2.67

bornes de leur eíprit, Sc celles de l’esprit humain. Cen’est point aux grands qu’on doit les découvertes dansles arts Sc les sciences ; leur main n’a pas levé le plande la terre Sc du ciel, n’a point construit des vaiííèaux,édifié des palais, forgé le foc des charrues, ni mêmeécrit les premières lois : ce font les philosophes qui,de Tétât de sauvage, ont porté les sociétés au pointde perfection où maintenant elles semblent parve-nues. Si nous n eussions été secourus que par les lu-mières des hommes puistans, peut-être n’auroit-onpoint encore de blé pour se nourrir, ni des ciseauxpour se faire les ongles.

La supériorité d’eíprit dépend principalement,comme je le prouverai dans le discours suivant, d’uncertain concours de circonstances où les petits fontrarement placés, mais dans lequel il est presque im-possible que les grands se rencontrent. On doit doncjuger les grands avec indulgence, Sc sentir que, dansune grande place, un homme médiocre est un hommetrès-rare.

Auísi le public, fur-tout dans les temps de cala-mités , leur prodigue-t-il une infinité d’éloges. Que de

d une condition commune , rour les dédommager, disoit-i!,des autres avantages que les grands ont fur'eux. Quoi qu’endise M. Nicole , je ne crois pas que Dieu ait condamné lesgrands à la médiocrité. Si la plupart d’entre eux font peuéclaires, c’efl par choix , c'est qustls font ignorans , &au ils ne contractent point Thabitude de la réflexion. .ra-jouterai même qustl ìstest: pas de Tintérêt des petits queles grands soient fans lumières.