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Tome premier.
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DE L' E S P R 1 T. 27Ç

Les féconds, & parmi eux Montaigne, avec desarmes d une trempe plus forte que des raisonnement,c’est-à-dire, avec des faits, attaquent Topinion despremiers, font voir qu’une action, vertueuse au nord,est vicieuse au midi, & en concluent que Tidée de lavertu est purement arbitraire.

Telles iont les opinions de ces deux espèces dephilosophes. Ceux là, pour n’avoir pas conlulté l’hif-toire, errent encore dans le dédale d’uae métaphy-sique de mots : ceux-ci, pour n’avoir point assez pro-fondément examiné les faits que l’histoire présente,ont pensé que le caprice seul décidoit de la bonté oude la méchanceté des actions humaines. Ces deuxsectes de philoíophes fe font également trompées ;mais Tune & Tautre auroient échappé à Terreur, s’ilsavoient considéré d’un œil attentif Thistoiredu monde.Alors ils auroient senti que les siècles doivent néces-sairement amener , dans le physique & le moral, desrévolutions qui changent la face des empires; que.,dans les grands bouleversemens , les intérêts tírn*peuple éprouvent toujours de grands changemens,que les mêmes actions peuvent lui devenir íuccelììve-ment utiles & nuiíibles , & , par conséquent, prendretour à tour le nom de vertueuíes & de vicieuses.

Conséquemment à cette observation , s ils euíïènsvoulu se former de la vertu une idée purement abs-traite & indépendante de la pratique,ils auroient re-connu que , par ce mot de vertu , Ton ne peut en-tendre que le désir du bonheur général ; que,. par con-séquent , le bien public est l'objet de la vertu, ct que

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