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Tome premier.
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Ïj6 DE L* E S P R I T.

les actions qu’elle commande font les moyens dontelle fe sert pour remplir cet objet -, qu’ainsi l’idée dela vertu n’est point arbitraire ; que , dans les sièclesëc les pays divers, tous les hommes, du moins ceuxqui vivent en société, ont dû s’en former la mêmeidée ; Sc qu’enfin , si les peuples fe la représentent fousdes formes différentes , c’est qu’ils prennent pour lavertu même les divers moyens dont elle fe sert pourremplir (on objet.

Cette définition de la vertu en donne , je pense ,une idée nette , (impie , & conforme à l’expérience ;conformité qui peut feule constater la vérité d’uneopinion.

La pyramide de Vénus -Uranie, dont la cime feperdoit dans les cieux, &c dont la base éroit appuyéefur la terre , est lemblême de tout système , qui s’é-crouîe à mesure qu’cn Lédisie - s’il ne porte fur la baseinébranlable des faits & de l’expérience. C’est auíïïfur des faits, c’est-à-dire, fur la folie & la bizarreriejufqu’à présent inexplicables des loix & des usages di-vers , que j’érablis la preuve de mon opinion.

Quelque stupides qu’on suppose les peuples, il estcertain qu éclairés par leurs intérêts, ils n’ont pointadopté , fans motifs , les coutumes ridicules qu’ontrouve établies chez quelques-uns deux ; la bizarreriede ces coutumes tient donc à la diversité des intérêtsdes peuples : en effet,s’ils ont toujours confusémententendu , par le mot de vertu , le désir du bonheurpublic ; s’ils n’ont, en conséquence , donné le nomd’honnêtes qu’aux actions utiles à la patrie; $i si l’idée