Band 
Tome premier.
Seite
278
JPEG-Download
 

rpS de l' e s p r i t.

permettoit le vol , pouvoic donc être trls-utile à cepeuple, qui n’avoit pas moins à redouter de la trahisondes Ilotes, que de l’ambition des Ferles, & qui nepouvoit oppoler aux attentats des uns , comme auxarmées innombrables des autres, que le boulevardde ces deux vertus. II est donc certain que le sol,nuisible à tout peuple riche , mais utile à Sparte , ydevoit être honoré.

A la si n de 1 hiver, lorsque la disette des vivrescontraint le íauvage à quitter ía cabane , & que lafa:m lui commande d’aller à la chaise faire de nou-velles provisions, quelques-unes des nations sauvagess’alìeinblenr avant leur départ, font monter leursíexagenaires fur des chênes, & font lecouer ces chênespar des bras nerveux ; la plupart des vieillards tom-bent , & font maisacrés dans le moment même deleur chute. Ce fuir ift connu, Sc rien ne paroît d abordplus abominable que cette coutume : cependant, quellelurpriíe , lorlqu’après avoir remonté à son origine ,on voir que le íauvage regarde la chute de ces malheu-reux vieillards comme la preuve de leur impuissanceà soutenir les iatignes de la chaise ! Les laisiera-t-ildans des cabanes cu des forêts en proie à la famineou aux bêtes féroces ; II aime mieux leur épargner ladurée Sc la violence des douleurs, & , par des parri-cides prompts & nécessaires , arracher ses pères auxhorreurs d’une mort rrop cruelle & trop lente. Voilà,le p; iu.cipe d'une coutume si exécrable ; voilà commeun peuple vagabond , que la chaste & le besoin devivres retiennent íìx mois dans des forêts immenses,