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Tome premier.
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V E l’ E S P R I t; r8z

L’intérêt des états est, comme toutes les choieshumaines, sujet à mille révolutions.Les mêmes loisôc les mêmes coutumes deviennent fucceílìvementutiles & nuisibles au même peuple ; d’où je conclusque ces lois doivent être rour-à-tour adoptées &c re-jetées, & que les mêmes actions doivent íucceinve-nient porter les noms de vertueuses ou de vicieuses ;proposition qu’on ne peut nier, sans convenir qu’ilest des actions à la fois vertueuses & nuisibles à bérat,fans saper, par conséquent , les fondemens de toutelégislation Se de toute société.

La concluíicn générale de tout ce que je viens dedire, c'est que la vertu n’est que le dcíir du bonheurdes hommes; Sc qu'ainsi la probité, que je regardecomme la vertu mise en action , n'est, chez tous lespeuples Sc dans tous les gouvernemens divers, querhnbitude des actions utiles à fa nation (i).

Quelque évidente que soir cette conclusion, commeil n’est point de nation qui ne connoiíle Sc ne confondeensemble deux différentes espèces de vertu ; Tune, quej’appelerai vertu de préjugé Sc l'autre, vraie vertu;je crois, pour ne lailfer rien à deíìrer fur ce sujet,devoir examiner la nature de ces différentes sortes devertu.

(i) Je crois qu'il n'est pas nécessaire d’avertir que jer.e parle ici que de la probité politique , Sc non de la probitéreligieuse , qui se propose d’mitres fins , se prescrit d’autrcsdevoirs, Sc tend à des objets plus sublimes.