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Tome premier.
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DE L* E S P R I T. 185

l'on y respecte ausiì leurs pénitences, & ces pénitencesfont réellement affreuses (1) : les uns restent toute leurvie attachés à un arbre -, les autres se balancent sur lesflammes ; ceux - ci portent des chaînes d’un poidsénorme; ceux-là ne se nourrissent que de liquides;quelques-uns se serment la bouche d'un cadenat, Scquelques autres s’attachent une clochetteau prépuce:il est d’une femme de bien daller en dévotion baisercette clochette : & c'est un honneur aux pères de pros-tituer leurs filles à des fakirs.

Entre les actions ou les coutumes auxquelles la su-perstition attache le nom de sacrées, une des plus plai-santes , fans contredit, est celle des Itribus, prêtressesde Hie Formose : « Pour officier dignement, Sc mé-« ri ter la vénération des peuples, elles doivent, après» des sermons, des contorsions Sc des hurlemens,« s’écrier qu'elles voient leurs dieux : ce cri jeté, elles» se roulent par terre, montent sur le tort des pagodes,« découvrent leur nudité, se claquent les selles, lâ-- chentleur urine, descendent nues, Sc se lavent en« présence de rassemblée (2) ».

Trop heureux encore les peuples chez qui, du

(1) 11 est, au royaume dePégu, des anachorètes, nom-més Santons ; ils ne demandent jamais rien, dussent-ilsmourir de faim. On prévient, à la vérité, tous leurs désirs.Quiconque se confesse à eux ne peut être puni, quelquecrime qu’il ait commis. Ces santons logent à la campagne,dans des troncs d’arbres : après leur mort, on les honorecomme des dieux.

f 1 2 ) F yjages de la Compagnie des Indes kollandoises.