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Tome premier.
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r 86 de l' e s p r i t.

moins, les vertus de préjugé ne íonr que ridicules;souvent elles Ion t barbares (r). Dans la capitale duCochin, l'on élève des crocodiles ; & quiconque s’ex-pole à la fureur de ces animaux, & s'en fait devorer,est compté parmi les élus. Áu royaume de Martem-ban, c’eíl un acte de vertu > le jour qu'on promènel’idole, de íe précipiter fous les roues du charriot, oude íe couper la gorge à ion passage : qui fe voue à cettemort est réputé saint, & ion nom est, à cet ester, ins-crit dans un livre.

(i) Les femmes de Madagascar croient aux heures, auxjours heureux ou malheureux. C’est un devoir de religion,lorsqu’elles accouchent dans les heures ou jours malheu-reux , d’exposer leurs enfans aux bêtes, de les enterrer ,ou de les étouffer.

Dans un des temples de l’empire du Pégu, on élève desvierges. Tous les ans, à la fête de l’idole , on sacrifie unede ces infortunées. Le prêtre , en habits sacerdotaux, ladépouille, l’étrangle , arrache son cœur, & le jette aunez de l’idole. Le sacrifice fait, ks prêtres dînent, pren-nent des habits d’une forme horrible , & dansent devantle peuple. Dans les autres temples du même pays, on nesacrifie que des hommes. On achète, pour cet effet , unesclave beau, bien fait. Cet esclave , vêtu d’une robeblanche, lavé pendant trois matinées , est ensuite montréau peuple. Le quarantième jour, les prêtres lui ouvrent leventre, arrachent son cœur, barbouillent l’idole de sonsang ; & mangent sa chair comme sacrée. Le sang innocent,disent les prêtres , doit couler en expiatio , des fichés de la.nation : d'ailleurs , il faut bien que quelquun aille près dugrand Dieu le faire ressouvenir de for. peuple. Il est bon dsremarquer que les prêtres ne se chargent jamais de la com-