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Tome premier.
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2.88 DE l' E S P R I r.

bouillir, en composer une pâte dont on le frotte pourse rendre invulnérable ; mais ce íeroit un íacrilégeabominable que de ne pas massacrer, au mois de Mars»à coups de bêche , un jeune homme & une jeunefemme devant la reine du pays. Lorsque les grains fontmûrs, la reine, entourée de ses courtisans , fort deson palais, égorge ceux qui (e trouvent fur Ion pas-sage , &c les donne à manger à la suite : ces íacrifices »dit-elle , íont nécessaires pour appaiser les mânes deses ancêtres, qui voient, avec regret, des gens du com-mun jouir d une vie dont ils íont privés ; cette foibleconsolation peut seule les engager à bénir la récolte.

Au royaume de Congo, d’Angole & de Matamba,le mari peut, sans honte, vendre ía femme ; le père »son fils -, le fils, son père : dans ces pays on ne connoîtqu’un seul crime (i), c’est de refuser les prémices defa récolte au Chitombé , grand - prêtre de la nation.Ces peuples, dit le P. La'bat, si dépourvus de toutesvraies vertus, font très-lcrupuleux observateurs de cet

(i) Au royaume de Lao, les Talapoins, prêtres du pays,ne peuvent être jugés que par le roi lui-méme. Ils se con-fessent tous les mois : fidèles à cette observance, ils peu-vent d’ailleurs commettre impunément mille abominations.Ils aveuglent tellement les princes, qu’un talapoin , con-vaincu de fausse monnaie , fut renvoyé absous par le roi.Les séculiers , disoit-il, auraient dû lui faire de plus grandspréfins. Les plus considérables du pays tiennent à grandhonneur de rendre aux talapoins les services les p'us bas.Aucun d'eux ne se vêtiroit d‘un habit qui sseût pas étéquelque temps porté par un talapoin.

usage.