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Tome premier.
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30 6 DE L’ E S P R I T.

avec avantage , combattre contre des lenrimens ; qnec’est une paillon qui íeule peut triompher d’une pas-sion ; que pour inspirer, par exemple , à la femmegalante plus de retenue & de modestie vis-à-vis dupublic, il faut mettre en opposition fa vanité avec facoquetterie, lui faire sentir que la pudeur est une in-vention de l’amour & de la volupté raffinée (i) ; que

(t) C'est en considérant la pudeur sous ce point de vue,qu’on peut répondre nux argumens dos storciens & des cy-niques , qui soutenaient que Thomme vertueux ne fàisoitrien dans son intérieur, qu’il ne dût faire à la face desnations, & qui croyoient, en conséquence, pouvoir selivrer publiquement aux plaisirs de f amour. Si la plupartdes législateurs ont condamné ces principes cyniques, &mis la pudeur au nombre des vertus, c’esi , leur répon-dra-t-on , qu’ils ont craint que le spectacle fréquent de lajouissance ne jetât quelque dégoût sur un plaisir auquelsont attachés la conservation de Tespèce & la durée dumonde. 11s ont d'ailleurs senti, qu’en voilant quelqu es-uns des appas d’une femme, un vêtement la paroit detoutes les beautés dont peut l’embeHir une vive imagina-tion ; que ce vêtement piquoit la curiosité, rendoit lescaresses plus délicieuses > les faveurs plus flatteuses, Semukipiieit ensin les plaisirs dans la race infortunée deshommes. Si Lycurgue avoir banni de Sparte une certaineespèce de pudeur, Sc si les filles, en présence de tout unpeuple, y luttaient nues avec les jeunes Lacédémonicns,c’est que Lycurgue vouloir que les mères, rendues plusfortes par de semblables exercices, donnassent à Tétât dasensans plus robustes."Il savoir que, si Thabitude de voirdes femmes nues émousscit le désir d’en connoître lesbeautés cachées, ce désir ne pouvoir pas s’éteindre, sur-tout dans un pavs oâ les maris n’o'otenoient qu’en secret8c 'furtivement les faveurs de leurs épouses. D’ailleurs,