DE í’ E S P R I T. 307
c’est à la gaze , dont cette même pudeur couvre lesbeautés d’une femme, que le monde doit la plupartde ies plaisirs ; qu’au Malabar, où les jeunes agréablesse préícntent demi - nuds dans les assemblées ; qu’encertains cantons de i’Amérique, où les femmes s’offrentfans voile aux regards des hommes, les désirs perdenttout ce que la curiosité leur communiqueroit de viva-cité ; q u'en ces pays, la beauté avilie n’a de commercequ’avec les beíoins ; qssau contraire, chez les peuplesoù la pudeur suspend un voile entre les désirs & lesnudités, ce voile mystérieux est le talisman qui retientramant aux genoux de sa maîtresse : & que c’est enfinla pudeur qui met aux foibles mains de la beauté lesceptre qui commande à la force. Sachez de plus , di-roient-ils à la femme galante, que les malheureuxfont en grand nombre ; que les infortunés, ennemisnés de Thomme heureux, lui font un crime de (onbonheur; qu’ils haïssent en lui une félicité trop indé-pendante d’eux ; que le spectacle de vos amuíemensest un spectacle qu’il faut éloigner de leurs yeux ; &cque l’indécence, en trahissant le secret de vos plaisirs ;vous expoíe à tous les traits de leur vengeance.
C’est en substituant ainsi le langage de l’intérêt auton de l'injure, que les moralistes pourraient faireadopter leurs maximes. Je ne m’étendrai pas davan-tage fur cet article : je rentre dans mon sujet ; & je
Lvcurgue, qui faisoit de l’ainour un des principaux res-sorts de fa législation , vouloir qu’il devînt la récompense,Le non f occupation des Spartiates.
V z