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Tome premier.
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Zo8 DE l' E S P r I T.

ciis que tous les hommes ne tendent qu’à leur bonheur;qu’on ne peut les soustraire à cette tendance ; qu’ilseroit inutile de l'entreprendre , 6c dangereux d’yréulìir; que , par conséquent, l’on ne peut les rendrevertueux qu’en u ni liant l’intéréc personnel à l’intérêcgénéral. Ce principe posé , il est évident que la moralen'est q u une Icienec frivole, íi l’on ne la confond avecla politique Sc la législation : d’où je conclus que, pourse rendre utiles à l'univers , les philosophes doiventconsidérer les objets du point de vue d’où le législateurles contemple. Sans être armés du même pouvoir , ilsdoivent être animés du méme esprit. C’est au moralisted indiquer les lois, dont le législateur assure 1 éxecutionpat sappoiìtion du sceau do- sa puissance.

Parmi les moralistes, il en est peu, fans cloute, quisoient assez fortement frappés de cetre vérité : parmiceux méme dont i’eíprk est fait pour atteindre auxplus hautes idées, il en est beaucoup qui, dans l'é-tude de la morale ëc ks portraits qu’ils font des vices,ne font animés que par des intérêts personnels ëc deshaines particulières. Ilsr.es’attachent, en conséquence,qu’à le peinture des vices incommodes dans !a société;Sc leur esprit , qui peu à peu , se resserre dans lecercle de leur intérêt., n’a bientôt plus la force néces-saire pour s’cîever juíqu’aux -grandes idées. Dans lascience ce la morale , souvent l’élévation de seíprittient à fédération de Paine. Pour saisir, en ce genre,les vérités réellement utiles aux hommes, i! fau: êtreéchauffé de la paillon du bien général ; & malheureu-sement en morale, comme en religion, ti est beaucoupd’hypccricc-r.