lî. DE L' E S P R I T.
CHAPITRE II.
Dc la finesse des Sens.
î -/a plus ou moins .grande perfection des organes dessens, dans laquelle (e trouve nécessairement comprisecelle de l’organiíation intérieure, puilque je ne jugeici de la finesse des sens que par leurs essors , ícroit-elle la cauíe de l’inégalité d’eíprit des hommes ?
Pour raisonner avec quelque justesse sur ce sujet,il saut examiner íï le plus ou le moins de finesse dessens donne à l’elprit ou plus d'étendue , ou plus decette justesse, qui , prise dans fa vraie lignification,renferme toutes les qualités de l’efprit.
La perfection plus ou moins grande des organesdes sens n'influe en rien fur la justesse de l’efprit , siles hommes, quelque impression qu'iis reçoivent desmêmes objets , doivent cependant toujours apper-cevoir les mêmes rapports entre ces objets. Or, peurprouver qu ils les apperçoivent, je choisis les sens dela vue pour exemple , comme celui auquel nous de-vons le plus grand nombre de nos idées : & je dis qu’àdes yeux dístercns, lì les mêmes objets parodient plusou moins grands ou petits , brillans ou obscurs ; sila toile, par exemple, est aux yeux de tel homme pluspetite , la neige moins blanche , Sc l'ébène moins