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J’ai fait voir que c'elì aux passions que nous devonsfur la terre presque tous les objets de notre admira-tion ; qu elles nous font braver les dangers , la dou-leur, la mort, & nous portent aux résolutions lesplus hardies.
Je vais prouver maintenant que, dans les occasionsdélicates, ce font elles feules qui, volant au secoursdes grands-hommes, peuvent leur inspirer ce q u'il ya de mieux à dire 8c à faire.
Qu’on se rappelle, à ce sujet, la célébré 8c courteharangue d’Ânnibal à se s soldats, le jour de la batailledu Tesin; & l’on sentira que sa haine pour les Ro-mains & fa passion pour la gloire, pouvoient íeulesla lui inspirer : Compagnons 3 leur dit il, k ciel m ’ an-nonce la vicìoire. C’ejl aux Romains , non à vous 3 detrembler. Jetrç les yeux fur ce champ de bataille : nulleretraite ici pour les lâches : nous périjjons tous _, jinous sommes vaincus. Quel gage plus certain du triom-phe? Quel signe plus sensblede la protection des dieux?Ils nous ont placés entre la victoire & la mort.
Qui peut douter que ces mêmc-s passions Rani-massent Sylla, lorsque Crassus lui ajant demandé uneescorte pour aller faire de nouvelles levées dans lepays des Maries, Sylla lui répond : Si tu crains tesennemis _, reçois de moi pour escorte ton père, tesfrères tes parens 3 tes amis _, qui massacrés par lestyrans 3 crient vengeance & Vattendent de toi ?
Lorsque les Macédoniens, las des fatigues de laguerre, prient Alexandre de les licencier, c’esi l’or-gueil & l’arnour de la gloire qui dictent à ce héros
cette
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