DEL' ESPRIT. 6 3
sur Démosthène, qui, pour periectionner sa pronon-ciation , s’arrêtoit íur le rivage de la mer, où, la boucheremplie de cailloux, il haranguoir tous les jours lesflots mutinés ! C’est ce même deíîr de la gloire, qui,pour faire contracter aux jeunes pythagoriciens l’ha-bitude du recueillement éx: de la méditation , leurim-poíoit un lilence de trois ans ; qui, pour íoustraireDémocrite (t) aux distractions du monde, le rsnfer-moir dans des tombeaux pour y chercher de ces véritésprécises dont la découverte, toujours lî diflicile, esttoujours fi peu estimée des hommes : c est par elleenfin que, pour se donner tout entier à la philoso-phie, Htracîite se détermine à céder à son frère cadetle trône d’Bphèle ( 2 ), où l’appeloit le droit d aînesse;que, pour conserver toutes ies forces, 1 athlète seprive des plailìrs de 1 amour : c’est elle encore qui for-çoit certains prêtres des anciens, dans l’eípoir de serendre plus recommanda'oles, à renoncer à ces mêmesplaisirs, fans avoir souvent, comme disoit plaisam-ment Boindin, d autre récompense de leur conti-nence que la tentation perpétuelle qu’elle procure.
(1) Démocrite étoit né riche ; ruais il r.e se crut pas endroit de mépriser l’esprit, Se de vivre dans une honorablestupidité.
(2) Mi son, fils du tyran de Chênes, renonça pareille-ment a u sceptre de son père ; Le, libre de route charge,il se retiroit dans des lieux escarpés Sc solitaires , cù, fansjamais parler à personne, il se nourrissoit de réfiectonsprofondes.