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Tome second.
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tinnellement ravitailler ; mais en l’excitant à cette en-treprise, la paslîon de la gloire lui fournir les moyensde 1 exécuter. II comble Tabîme des eaux, oppose unedigue à la mer 5c aux flottes europésnes, arbore sesétendards victorieux fur les brèches de Smyrne, &Cmontre à l’univers étonné que rien n’est impossibleaux grands-hommes (i).

Lorsque Lycurgue voulut faire de Lacédémoneune république de héros, on ne ls vit.point, selonla marche lente, & dès-lors incertaine , de ce qu’onappelle la sagesse, y procéder par des changemens in-sensibles. Ce grand-homme, échauffé de la passion dela vertu, sentoic que, par des harangues ou des oraclessupposés, il pouvoir inspirer à íes concitoyens lessentimens dont lui-même étoit enflammé; que, pro-fitant du premier instant de ferveur, il pourroit chan-ger la constitution du gouvernement, & faire dans lesmœurs de ce peuple une révolution subite, que, par lesvoies ordinaires de la prudence, il ne pourroit exécuterque dans une longue luire d’années. II sentoitque les

(i) Je dis la même chose de Gustave. Loísqu’à la têtede son armée & de son artillerie , profitant du moment oùl’hiver avoir consolidé la surface des eaux, ce héros tra-verse des mers glacées pour descendre en Seeland ; il sa-voir, ausiî-bien que ses officiers, qu’on pouvoir facilements’opposer à sa descente; mais il savoir mieux qu’eux qu’unesage témérité confond presque toujours la prévoyance deshommes ordinaires ; que la hardiesse des entreprises enassure souvent le succès ; Sc qu’il est des cas où la suprêmaaudace est la suprême prudence.