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paíïion cle la gloire nous rend capables, il étoit, parce moyen, parvenu à une espèce de divination. Ausîîp* éíageoir-il tous les malheurs lous lesquels Romeallait íuccomber, dans le moment même que cettemaîtresse du monde élevoit son trône íur les débris detoutes les monarchies de l’univers; aussi voyoit-ilnaître de toutes pairs des Marins Sc des Sylla; austientendoit-il dejà publier les funestes tables de pros-criptions , lorsque les Romains n’appercevoient par-tout que des palmes triomphales, & n’entendoiencque les cris de la victoire. Ce peuple étoit alors com-parable à ces matelots qui, voyant la mer calme, leszéphirs enfler doucement les voiles, & rider la sur-face des eaux, se livrent à une joie indiscrète', tandisque le pilote attentif voit s’elever, à l’extrémité derhorizon, le grain qui doit bientôt bouleverler lesmers.
Si le sénat romain n'eu t point égard au conseil deScipion, c'est qu’il est peu de gens à qui la connois-fance du pastè & du présent dévoile celle de l’ave-nir (i) j c’est que, semblables au chêne, dont l’ac-croistement ou le dépérissement est insensible auxinsectes éphémères qui rampent lotis son ombrage,
(r) Souvent un petit bien présent suffit pour enivrerune nation, qui, dans son aveuglement, traite d’ennemide l’ctat le génie élevé qui, dans ce petit bien présent,découvre de grands maux à venir. On imagine qu'en luiprodiguant le nom odieux de frondeur , c'est la vertu quipunit le vice ; Se ce n’est , le plus souvent, que la sottisequi se moque de l’esprit.