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les empires paraissent dans une espèce d’état d’immo- 1bilité à la plupart des hommes, qui s’en tiennent d’au*tant plus volontiers à cette apparence d’immobilité,quelle (latte davantage leur paresse, qui se croit alorsdéchargée des foins de la prévoyance.
11 en est du moral comme du physique. Lorsqueles peuples croient les mers constamment enchaînéesdans leur lit, le sage lesvoit successivement découvrir& submerger de vastes contrées, & le vaisseau sillonnerles plaines que naguères sillonnoit la charrue. Lorsqueles peuples voient les montagnes porter dans les nuesune tête également élevée, le sage voit leurs cimes or-gueilleuses , perpétuellement démolies par les siècles,s’ébouler dans les vallons, & les combler de leursruines. Mais ce ne font jamais que des hommes ac-coutumés à méditer, qui, voyant l’univers moral,ainsi que l’univers physique, dans une destruction Scune reproduction successive & perpétuelle, peuventappercevcir les causes éloignées du renversement desétats. C’est rccil d aigle des passions-, qui perce dansl’abîme ténébreux de l’avenir : sindifférence est néeaveugle & stupide. Quand le ciel est serein & les airsépurés, le citadin ne prévoir point forage : c’est l’œilintéressé du laboureur attentif qui voit, avec effroi,des vapeurs insensibles s’élever de la surface de laterre, se condenser dans les cieux, & les couvrir deces nuages noirs dont les fíancs entrouverts vomirontbientôt les foudres & les grêles qui ravageront lesmoissons.
Qu on examine chaque passion en particulier, l’on
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