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Tome second.
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CHAPITRE VIII.

On devient fiupìde 3 dès qu on ceff'e d\tre passionné.

CjEtte proposition est une conséquence nécessairede la précédente. En estet, si l'homme épris du désirle plus vif de 1 estime , & capable , en ce genre , deJa plus sorte paillon,n’est pointa portée de satisfaire‘ce désir, ce désir cessera bientôt de s animer ; parcequ’il est de la nature de tout désir de 5'éteindre , s iln’est point nourri par l’espérance. Or , la mème cause ,qui éteindra en lui la paillon de l’estime, y doit né-cessairement étouffer le germe de l’eíprit.

Qu’on nomme à la recette d’un péage, ou à quelqueemploi pareil, des hommes aulll passionnés pour l’es-time publique que dévoient l’ètre les Turenne , lesCondé, les Descartes , les Corneille & les Richelieu :privés, par leur position, de tout espoir de gloire, ilsferont à 1 instant dépourvus de l’esprit nécessaire pourremplir de pareils emplois. Peu propres à l’étude desordonnances ou des tarifs, ils seront sans talens pourun emploi qui peut les rendre odieux au public : ilsn’auront que du dégoût pour une science dans laquellel’homme qui s’est le plus profondément instruit, Scqui s’est, en conséquence, couché très-íavant Sc tres-respectable à ses propres yeux, peut se réveiller très-ignorant Sc trés-inutile , si le magistrat a cru devoir