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Tome second.
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DE L* E S P R I T» Sí

tiorre nature (i ) ; & qu’à l’abri , íur le trône , Sc dela punition, & des traits de la íatyre, un sultan n’apoint de motif pour triompher d’nne paresse dont lajouissance est: si agréable à tous les hommes.

Ï1 paroît donc que l’activicé de l’eíprit dépend de1 "activité des pallions. C est auílì dans l’âge des pallions,c’est-à-dire, depuis vingt-cinq jusqu’à trente-cinq Scquarante ans, qu’on est capable des plus grands effortsSc de vertu & de génie. A cet âge , les hommes, néspour le grand, ont acquis une certaine quantité deconncissnnces , fans que leurs pallions aient encorepresque tien perdu de leur activité : cet âge passé, lespallions s’affoibiissent en nous, & voilà le terme de lacroissance de l’eíprit; l’on n’acquiert plus alors d’idéesnouvelles ; Sc quelque íupérieurs que soient dans lafuite, les ouvrages que l’on compose , on ne fait plusqu’appliquer & développer les idées conçues dans letemps de l’effervescence des pallions,& dont on n'avoirpoint encore fait usage.

Au reste, ce n’est point uniquement à l’âge qu’ondoit toujours attribuer.l’asioiblissement des passions.Gn cesse d’être passionné pour un objet, lorsque leplaisir qu’on le promet de la possession n’est point égalà la peine néceílaire pour l’acquérir : shomme amou-

(i) Quelques philosophes ont, à ce sujet, avancé ceparadoxe, que les esclaves , exposés aux plus joules tra-vaux du corps, trouvoient peut-être dans le repos de l’es-prit dont ils jouissaient, une compensation à ljtfírs peines,& que ce repos de l’esprit rendait souvaitfa conditionde l’esclave égale en bonheur à celle du Maître.

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