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Tome second.
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O £ L* E S P R I T. 8 )

désirs trop fcibles & trop modérés. Aussi les grands-hommes (ont ils, presque tous, incapables des petitsloins Sc des petites attentions nécellaires pour s’attirerde la considération ; ils dédaignent de pareils moyens.Mefie^-vous j diíoit Sylla , en parlant de César , de cejeune homme qui marche fi immo deficment dans lesrues ; je- vois en lui plufieurs Marins.

J’ai fait, je crois, sufliíamment sentir que l’abseneetotale de passons, s’il pouvoit en exister , produiroiten nous le parfait abrutissement ; & qu’on approchedamant plus de ce terme, qu’on est moins paffionné ( i ) tLes passons (ont, en effet, le feu céleste qui vivifie lemonde moral : c'est aux passons que les sciences &les arts doivent leurs découvertes & l’ame son éléva-tion. Si shumanité leur doit auílt ses vices Sc la plu-part de ses malheurs , ces malheurs ne donnent pointaux moralistes le droit de condamner les passions Scde les traiter de folie. La sublime vertu & la sagesseéclairée (ont deux allez belles productions de cettefolie, pour la rendre respectable à leurs yeux.

(l) C'est le défaut de passions qui produit souvent l’en-tètement qu’on reproche aux gens bornés. Leur peu d’in-telligence suppose qu’ils n’ont jamais eu le désir de s’inf-truire,ouqu‘au moins ce désira toujours été très-foible &très-subordonné à leur goût pour la paresse. Or, quiconquene désiré point de s’éclairer , n’a jamais de motifs sufnfanspour changer d’avis : il doit, pour s’épargner la fatigue de('examen, toujours fermer l’oreille aux représentations dela raison; 8c l’opiniâtreté est, dans ce cas, l’effet néces-saire de la paresse»