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Tome second.
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84 v L L’ E S P R I t:

La concluíion générale de ce que j’ai dit sur leSpaillons, c'est que leur force peur feule contrebalan-cer en nous la force de la patelle & de l’inertie , nousarracher au repos & à la stupidité vers laquelle nousgravitons fans cefïe, & nous douer enfin de cette con-tinuité d’atrention à laquelle est attachée la supérioritéde talent.

Mais, dira-t-on, la nature n’auroit-elle pas donnéaux divers hommes d’inégales dispositions à 1 "esprit,en allumant dans les uns des paillons plus fortes quedans les autres ? Je répondrai à cette question que, si,pour exceller dans un genre, il n’est pas nécessaire,comme je l ai prouvé plus haut, d’y donner toute l’ap-phcation dont on est capable j il n'est pas nécessairenon plus , pour s'illustrer dans ce méme genre, d’êtreanimé de la plus vive paillon, mais feulement du degréde paillon suffisant pour nous rendre attentifs. I) ail-leurs , il est bon d’obferver qu’en fait de passions, leshommes ne diffèrent peut - être pas entre eux autantqu’on l’imagine. Pour savoir si la nature, à cet égard,a si inégalement partagé fes dons, il faut examiner sitous les hommes font susceptibles de pallions, éí,pour cet effet, remonter jufqu’à leur origine.