del' esprit. 89
Sc l’indigence : aìors les richeiíe-s & les honneurs, parles avantages qui y íeront attachés, deviendront Tobjetgénéral d u désir des hommes. De-là naîtront, selonla forme différente des gcuvernemens , des pallionscriminelles on vertuçuies; telles íont l’envie , 1 ava-rice , 1 orgueil, rarnbiticn , Tamour de la patrie , lapaillon de la gloire, la magnanimité, Sc memeì amour,qui, ne nous étant donné par la nature que commeun besoin , deviendra , en se confondant avec la va-nité , une paillon factice , qui ne le ra, comme lesautres, qu’un développement de la sensibilité physique.
Quelque certaine que soit cette conclusion , il estpeud’hommes qui conçoivent nettement les idées dontelle résulte. D’ailleurs, en avouant que nos paillonsprennent originairement leur lource dans la sensibilitéphysique, on pourroit croire encore que, dans Tétâtactuel où font les nations policées, ces paillons ex il te n tindépendamment de la cause qui les a produites. Jevais donc, en suivant la métamorphole des peines &des plaisirs physiques en peines & en plaisirs factices,montrer que, dans des paillons, telles que l’avarice,Tambition, Torgueil & laminé, dent l’objet paraîtle moins appartenir aux plaisirs des sens, c’estcepen-dant toujours la douleur & le plaisir physique que nousfuyons ou que nous recherchons.