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Tome second.
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DE L* E S P R I Ti i ai

presque toutes les nations. On aime les plaisirs, & ,par conséquent, les moyens de s’en procurer : les hom-mes désirent donc &c les richesses & les dignités. Usvoudroient, de plus, faire fortune en un jour, & laparesse leur inspire ce désir : or, la guerre, qui pro-met le pillage des villes au soldat & des honneurs àToflìcier, flatte, à cet égard & leur paresse & leur im-patience. Les hommes doivent donc supporter plusvolontiers les fatigues de la guerre (i) que les travauxde lagriculture , qui ne leur promet des richesses quedans un avenir éloigné. Aulìì les anciens Germains,les Celtes, les Tartares, les habitans des côtes d’Aírique,& les Arabes, ont-ils toujours été plus adonnés au vol& à la piraterie, qu a la culture des terres.

11 en est de la guerre comme du gros jeu qu’on pré-fère au petit, au risque même de se ruiner, parce quele gros jeu nous flatte de sespoir de grandes richesses,& nous les promet dans un instant.

Pour ôter aux principes que j’ai établis tout air deparadoxe , je vais, dans le titre du chapitre suivant,exposer l'unique objection à laquelle il me reste àrépondre.

(i) « Le rc-pos, dit Tacite, est pour les Germains un3= état violent; ils soupirent fans cesse après la guerre; ils33 s’y font un nom en peu de temps ; ils aiment mieux corn-» battre que labourer

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