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Tome second.
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■I0S D E L’ E S P R I Tl

est insupportable j lorsque l’habitude en a fait un be>soin. II voir donc que, privé du seul plaisir qu’il aitjamais goûté , 6c réduit à rabaissement, il ne jouiraplus en contemplant íes grandeurs , comme savateen contemplant ses richelles, de la possibilité de toutesles jouissances qu’elles peuvent lui procurer.

Cer ambitieux est donc , par la crainte de l’ennui6c de la douleur, retenu dans la carrière où l’amoutdu plaisir fa fait entrer : le désir de conserver succèdedonc en son cœur au délit d acquérir. Or, sétenduedes foins nécestaires pour se maintenir dans les dignités,ou pour y parvenir, étant à peu près la même, il estévident que cet homme doit passer le temps de la jeu-nesse 6c de sage mûr à la poursuite ou à la conserva-tion de ces places , uniquement désirées comme desmoyens d’acquérir les plaisirs qu’il s’est toujours refu-sés. C’est ainsi guc , parvenu à 1 âge où l’on est inca-pable d’un nouveau genre de vie , il se livre , & doit,en ester, se livrer tout entier à les anciennes occupa-tions ; parce qu’une aine toujours agitée de craintes& d’espérances vives, & , lans cesse , remuée par defortes passions , préférera toujours la tourmente del’ambition au calme insipide d’une vie tranquille. Sem-blables aux vaisseaux que les flots portent encore íurla côte du midi, lorsque les vents du nord n'enflentplus les mers , les hommes suivent dans la vieilleííela direction que les pallions leur ont donnée dans lajeunesse.

J’ai fait voir comment, appelé aux grandeurs parla passion des femmes, sambitieux s’engage dans une