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Tome second.
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ÌIO

DE L' E S P R I T.

CHAPITRE XIII.

JOc V Orgueil.

L’orgueil n’est dans nous que le sentiment vraiou faux de notre excellence : sentiment qui, dépen-dant de la comparai Ion avantageuse qu’on sait de soiaux autres j suppose, par conséquent, l’existence deshommes, & même rétablissement des sociétés.

Le sentiment de l’orgueil n’est donc point inné ,comme celui du plaisir 6c de la douleur. L’orgueiln’est donc qu’une pasiìon factice, qui luppote la con-noissance du beau 6c de l’excellent. Or, l’excellent oule beau ne sont autre chose que ce que le plus grandnombre des hommes a toujours regardé , estimé 6chonoré comme tel. L’idée de l’estimé a donc précédél’idée de l’estimable. II est vrai que ces deux idées ontdû bientôt se confondre ensemble. Aussi l’hommequ’anime le noble 6c superbe désir de se plaire à lui-niême, &c qui, content de sa propre estime, se croieindifférent à l’opinion générale, est, en ce point, dupede son propre orgueil, 6c prend en lui le désir d’ètreestimé pour le délit d'être estimable.

L’orgueil, en effet, ne peut jamais être qu’un désirsecret 6c dégusté de l’estime publique. Pourquoi lemême homme, qui, dans les forêts de l’Amérique,tire vanité de 1 adresse , de la force 6c de 1 agilité ds