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Tome second.
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DE l' E S P R I 7. XII

son corps , ne s’encrgueillua-t-il en France de cesavantages corporels qu’au défaut de qualités plus essen-tielles : C’est que la force &c l’agilité du corps ne fontni ne doivent être autant estimées d’un François que<d’un Sauvage.

Pour preuve que l’orgueil n’est qu’un amour déguiséde 1 estime, supposons un homme uniquement occupédu désir de s’affurer de son excellence & de fa supé-riorité. Dans cette hypothèse , la supériorité la pluspersonnelle, la plus indépendante du hasard lui pa-roîtroit > sans doute, la plus flatteuse : ayant à choisirentre la gloire des lettres & celle des armes, ce servir,par conséquent, à la première qu’il donnercit la pre-science. Oleroit-il contredire Célar lui-même? Neconviendroit-il pas , avec ce héros , que les lauriersde la victoire font, par le public éclairé , coujourspartagés entre le général, le soldat & le hasard ; &qu’au contraire les lauriers des Muses appartiennent,fans partage , à ceux qu’elles inspirent ? N’avoueroit-il pas que le hasard a pu souvent placer signorance ôcla lâcheté sur un char de triomphe , & qu’il n’a jamaiscouronné le front d'un stupide auteur ?

En n’interrogeant que son orgueil, c’est-à-dire,le désir de s’aflurer de (on excellence, il est donc cer-tain que la première espèce de gloire lui paroi t roi r laplus désirable. La préférence qu’on donne au grandcapitaine fur le philosophe profond , ne changeroicpoint, à cet égard, Ion opinion : il sentiroit que , sile public accorde plus d’estime au général qu’au philo-sophe , c’est que les talens du premier ont une influence